S'il y a des voyages que l'on n'oublie pas, ce sont souvent ceux où l'imprévu se produit, ceux dont le but n'est finalement qu'un prétexte. C'est un peu ce que nous avons vécu en nous rendant à cette foire spécialisée au volant d'une MGB GT.
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Dimanche 3h15 du matin, nous prenons la route vers l'Angleterre avec toute la décontraction nécessaire pour profiter pleinement de ces trop rares moments. A cette heure de la nuit, le vrombissement rauque du généreux 4 cylindres file en direction de Calais. Pourquoi prendre le bateau ? La question est légitime... par habitude sans doute, pour prendre un repas en ayant le minimum de confort (certainement). Pratiquement arrivés aux abords de Calais, un brouillard épais vient rendre la nuit plus sombre, la conduite plus vigilante.
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Lucas, The Prince of Darkness ! Le slogan est connu et la publicité mensongère... Tout à coup, nos phares cessent de fonctionner, nous regrettons rapidement l'éclairage des autoroutes belges tant décrié en ces temps de disette. Nous parvenons néanmoins à suivre la ligne blanche dans le halo clignotant de nos feux de détresse qui n'avaient jamais jusque là si bien porté leur nom. Après avoir gagné une station éclairée, nous remplaçons par un interrupteur provisoire celui-là même dont nous avions assisté à la définitive extinction. Nous ratons un bateau, mais contrairement au shuttle, ça n'a pour ainsi dire aucune conséquence...
Nous voici enfin aux portes Stoneleigh Park ! Une découverte étonnante, bien british, trop confidentielle sans doute. Beaucoup de petits marchands, de spécialistes en refroidissement, allumage, électricité, jantes... plus enclins à partager les conseils que les souriants commerciaux des grands distributeurs moins à leur avantage ici qu'à d'autres grands rendez-vous de l'année. So British aussi que ces tas de pièces en cours de corrosion et à même le sol dont la valeur écrite rapidement à la craie suit immanquablement les cours de la tête du client...
  

  
En Bref, deux grands halls occupés par des marchands de pièces neuves et d'occasion pour tous les modèles que l'emblématique octogone nous à livrés depuis le début du siècle passé. De l'outillage, des upgrades possibles dont nous n'avions pas connaissance à ce jour et pas mal de petits métiers très spécifiques représentés tels que sellerie, boiserie, restaurateurs dont les réalisations magnifiques valent plus que tout slogan maladroit. Mais l'extérieur n'est pas en reste, des marchands moins bien installés donnent l'impression de replier bagage ou encore de s'installer tant leurs marchandises font montre d'un équilibre instable.
   
Nous savons que le chemin du retour sera long, et nous ne tardons pas à reprendre la route. Notre défunt interrupteur de phare est remplacé par un neuf dont la patine inexistante trahit la jeunesse. Pour une prochaine édition, nous passerons la nuit sur place pour profiter d'un plus long moment de découverte. En repassant nos frontières, c'est une courroie d'alternateur hurlant à l'agonie qui nous maintient en éveil jusqu'à l'arrivée. Nous venons de faire le tour de l'horloge et notre sommeil est bien mérité, des souvenirs plein la tête.
  
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